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  le blog kodamian

Retour à Futuna

18 Avril 2006, 18:10pm

Publié par kodamian

Retour à Futuna

 

Plus d'un an après avoir quitté l'ile soeur ( de Wallis ), j'y reviens enfin !

Mais commençons par le commencement. A l'aéroport, j'ai tout d'abord attendu ma colocatrice qui rentrait de vacances. Je lui ai donné les clefs de la maison, de la voiture et on s'est dit à dans quinze jours.

Et je dois dire que l'aventure cette fois-ci a commencé dès l'aéroport. En effet, au moment de l'enregistrement, j'ai rencontré un des pilotes que j'avais l'habitude de cotoyer au cours de mes vols vers Futuna il y a un an et demie, et nous avions eu à maintes reprises l'occasion de bavarder. Surtout de voyages !

Je lui ai raconté que j'avais justement fait un voyage à Fidji, et il m'a dit connaitre l'ile de Taveuni où j'ai passé de si bons moments il n'y a pas si longtemps.

Comme il y avait encore une demie-heure avant le départ vers Futuna, il m'a invité à venir boire un café avec son collègue pilote du twin-otter, et c'est dans l'annexe du hangar des avions qu'on a continué notre conversation, en compagnie également d'hotesses d'aircalin.

Pour un départ en mission de quinze jours, c'était géant !

Il m'a raconté qu'ils étaient allés aux iles salomon, en faisant escala à Vanuatu, et m'a conseillé d'aller visiter ces iles pas si lointaines. C'est sûr, j'irai un jour.

Mais une autre surprise incroyable m'est arrivé aujourd'hui. Dans l'aéroport, juste avant d'entrer dans la salle d'enregistrement, un couple est là, avec son enfant de 4 ans. Et tout à coup, le jeune homme me dit :" et alors , Michel , comment vas-tu ? "

Mais c'est dingue, c'est Emmanuel ! C'est le dentiste qui m'a permis d'être là aujourd'hui à Wallis et Futuna, car c'est lui qui a racheté le cabinet de Bora Bora que je gérais.

Et pour la première fois depuis trois ans, il retourne à Futuna, l'ile où il a vécu trois extraordinaires années de 2000 à 2002.

Quel hasard, quand même !

Il m'a raconté que tout se passait superbement bien à Bora-bora, et qu'il ne regrettait pas un instant son choix d'installation. Tant mieux !

Je lui ai dit que c'était idem pour moi, que j'étais très content avec ma situation actuelle et que je " rempilais " d'ailleurs pour une troisième année.

Le vol s'est déroulé parfaitement de wallis à futuna, et il nous a fallu une heure pour rejoindre l'ile.

Etant assis à l'avant de l'avion, j'ai pu suivre l'atterrissage de façon phénomènale, en étant quasiment dans l'axe de la piste.

A l'aéroport, j'ai tout de suite été reconnu par des futuniens, et je ne sais pas combien de " Mikaele " j'ai entendu.

Quelqu'un de l'hopital m'a emmené à Kalévélévé, et , après avoir donné mon ordre de mission au secrétariat, j'ai rejoint le cabinet dentaire où mon assistante de l'époque était toujours là.

Les premiers patients étaient là et j'ai commencé à bosser à peine un quart d'heure après être arrivé.

A midi, je suis allé à Taoa, le village en contre-bas de l'hopital, rendre visite à un ancien " colocataire " et ami " papalagi " ( français de métropole ) , installé avec sa compagne depuis plus d'un an à Futuna.

Comme le temps est passé vite, on s'est raconté les 16 derniers mois et toutes les aventures qui nous étaient arrivées depuis lors. J'avais l'impression qu'on s'était vu il y a quelques semaines seulement.

Après un retour l'après-midi et de nouveau un peu de rangement  à ma façon de travailler dans le cabinet, j'ai rencontré le nouveau médecin, qui loue la maison où j'habitais à Futuna. Comme il y a plusieurs chambres, il a accepté de m'héberger pour les quinze prochains jours.

Voilà, une journée bien remplie.

à demain ....

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Voyage à fidji (4)

14 Avril 2006, 07:06am

Publié par kodamian

Voyage à Fidji (4)

Le lendemain matin, je prends le premier bus pour Lambasa. Il y a deux routes possibles, une à travers les montagnes, que j'ai déjà parcourue en partie, et l'autre qui suit la côte. Je préférerais la seconde, mais on m'a averti qu'en raison de fortes pluies, elle peut être bloquée, et je ne peux me permettre d'être bloqué deux jours, car j'ai un avion à prendre pour Nadi dans trois jours.

Je me rends donc à Lambasa par la route de montagne, et celà me donne l'occasion encore une dernière fois de voir ce fabuleux panorama de la baie de Savusavu. Je reviendrai, c'est sûr !

La deuxième partie de la route, c'est à dire la descente depuis le sommet de la montagne vers le nord de l'île, présente une topologie différente. Plus sèche, et avec de nombreuses plantations de cannes à sucres et des cocotiers. Celà me rappelle Viti-Levu, que j'ai visité lors de mon premier voyage aux Iles Fidji.

J'arrive à Lambasa, et je remarque tout de suite la ville active, commerçante, essentiellement indienne. A quelques centaines de mètres de la station des bus, je pose mon sac dans une guest-house, pas très sympathique de l'extérieur, et celà se confirmera aussi de l'intérieur. Mais bon, le principal est d'avoir un endroit pour passer la prochaine nuit, et je ne veux pas perdre de temps.

Je reprends mon petit sac à dos quotidien, et je vais faire un tour de la ville. Je vais tout d'abord au marché, et c'est là qu'en sirotant un thé au lait avec des patisseries locales, j'entame la conversation avec des vendeurs de toutes sortes. Super sympa, ils sont étonnés une fois de plus quand je leur parle de wallis et futuna, iles si proches de là mais si lointaines. Ici, on connait souvent Futuna, car, je l'ai appris plus tard, des futuniens ont émigré vers les ïles fidji dans la première partie du vingtième siècle.

A lambasa, on est à environ 500 kilomètres seulement au sud-oùest de Futuna.

La ville est bordée de canaux et de rivières, car elle est à l'embouchure de 3 rivières qui se jettent dans la mer. On a un terminal portuaire à quelques kilomètres de là. Depuis le marché, on peut se rendre avec de petits bateaux à moteur au large, sur les iles environnantes. Cette voie de circulation permet également aux pécheurs d'amener directement le fruit de leur peche directement au marché. On trouve ici des variétés d'épices de toute sorte, des fruits tropicaux, des viandes et poissons, et bien sûr du kava.Il se vend en général au poids, en petit paquet de poudre pour 1 à 2 dollars.

J'ai lu dans mon guide qu'il y a des endroits à voir dans les alentours.

 La première chose à organiser, c'est néanmoins mon retour vers Nadi . Bus et Bateau, ou bien l'avion. Le hasard fait que je me rends dans une agence de Sun Air, et qu"elle n'est pas ma surprise quand j'apprends qu'il y a un prix spécial de 99 dollars , la moitié du prix habituel, pour un aller vers Nadi le surlendemain. Par rapport au trajet bus-bateau, c'est le double, mais c'est vingt fois moins de temps. Ni une , ni deux, je réserve et mon billet en poche, j'ai l'esprit plus tranquille pour mes visites à venir.

Je me dirige donc à pied tout d'abord vers un petit village à la sortie de Lambasa, où je peux apercevoir des tombes anciennes. Un habitant m'explique un peu la signification de ces tombes, qui sont situés à côté d'endroits rituels. Il s'agit de grosses pierres posées verticalement, comme de petits menhirs, les unes à côté des autres, et qui forment une sorte de rectangle.

C'est aussi un lieu rituel et certaines pratiques y étaient courantes. Le cannibalisme était ainsi pratiqué  dans cet endroit, comme dans de nombreux autres des archipels.

Je retourne en ville, et je prends alors la direction d'un temple indien, très connu dans tout fidji, où une pierre monte apparemment d'année en année. Elle a la forme d'un serpent, et est vénérée par les indiens. Dès mon arrivée, j'y suis accueilli par un groupe de femmes, assises par terre, et qui s'étonnent un peu de me voir, seul, arrivé au temple indien. Je décline mon identité, et le fait que mon guide vante cet endroit si " magique ". Elles confirment le côté mystique du lieu. On me sert des gateaux, du thé, et, le ventre bien repu, je me dirige vers le monument. Je m'incline face au serpent, dont la tete est à environ 3 mètres du sol, et face à shiva. Je fais le tour cinq fois du lieu symbolique, en faisant résonner la cloche comme on me l'a indiqué. L'inde en plein milieu du pacifique.

D'autant plus que ces jours-ci sont jours de fêtes pour les indiens. Un autre petit symbole religieux se trouve au bout d'un escalier, et je m'y dirige sous le regard intéressé de mes hôtes. Encore quelques moment de recueillement face à Ganesh, l'éléphant, puis je quitte cet endroit.

Puis je me dirige à quelques kilomètres de là, vers la grande plage de Lambasa. Je suis seul, et la plage offre un paysage contrasté avec d'un côté le terminal portuaire au loin , et de l'autre des roches volcaniques et une plage de sable blanc.  Je m'y prélasse et je contemple la plantation de cocotiers. Des douches sont aménagées, et des espaces avec tables et chaises. Super pour une pause !

Je retourne à Lambasa par le bus, et la fatigue étant là, je vais me coucher assez tôt.

Le lendemain matin, j'ai décidé que j'irais voir les " floating islands ". Il s'agit d'un lieu qui semble très particulier, où l'on peut voir des pandanus flotter sur des bambous. Mais tout d'abord, je vais changer d'auberge, car c'est trop glauque.

M'étant levé très tôt, je vais faire un tour dans une auberge désignée dans mon guide comme conviviale. C'est exact, et l'endroit est très joli, au bord d'une rivière. Le propriétaire me dit d'ailleurs m'avoir vu la veille au marché, et je lui confirme que j'ai passé la nuit chez son confrère.  Je reviens chercher mon sac à dos dans la première auberge et file droit vers ce lieu de ma seconde nuit. Je suis le seul touriste, car la saison débute fin avril en général. Mais ce n'est pas grave, j'aurai un dortoir à moi tout seul.

Je prends un bus pour me diriger vers Numbu, d'après ce qu'on m'a dit au marché le premier jour. Le bus a toujours cette ambiance sympathique avec des fidjiens de toutes origines, et les conversations sont faciles à entamer. La route par contre, après un passage très facile, devient beaucoup plus boueuse et chaotique, et pour la première fois depuis mon arrivée à Fidji, on se retrouve embourbé sur un kilomètre dans cinquante centimètres de boues. Grâce à la dextérité du chauffeur, qui avance, recule, avance et recule encore, on s'en sort finalement bien.

On arrive à Numbu, village in " the middle of nowhere " , et il ne faut que quelques secondes pour que des jeunes du village viennent vers moi et  m'indiquent l'endroit " mythique ", où les touristes ont l'habitude d'aller. Un jeune et son frère décident de m'accompagner et c'est alors un périple de plus de deux heures qui commencent . Au bout de vingt minutes, il y a tellement de boue que mon jean est déjà tout sale, mais c'est alors qu'il faut traverser une rivière. 1 mètre d'eau environ : Bon, je prends mes papiers et les mets dans mon sac, que je porte à bout de bras  . Pourvu que je ne glisse pas.

D'autres jeunes nous ont rejoint. Un garçon d'une vingtaine d'année, suivi de son épouse, m'indique qu'il va rejoindre son père et qu'il va m'accompagner un bout du chemin en me facilitant la route.On prend alors un raccourci à travers les plantations de cannes à sucre, et c'est la première fois que je me retrouve si proche de ces plantes si hautes. C'est très sympa, mais il ne faut pas glisser. Je suis pas à pas mon guide, et c'est une fois à droite, une fois à gauche, et encore un raccourci ... Le couple me quitte au bout d'une heure et demie et confie aux jeunes du départ la responsabilité de mon acheminement à bon port. Au bout de deux heures, on arrive enfin à côté des iles flottantes. C'est vrai que c'est sympa, mais la ballade l'était encore plus.

Il y a des pandanus, qu'on nomme " suluka " ici. Le mot m'est connu, celà veut dire " fumer " en wallisien. Comme quoi les feuilles étaient sans doute utilisées pour confectionner des cigarettes.

On retourne vers Numbu, pour prendre le bus de retour. Comme j'ai une demie-heure à perdre, je vais au magasin devant l'arrêt de bus, et je commande des boissons et des gateaux. Celà fait le régal de mes guides et leur grand plaisir. C'était quand même bien normal de les recompenser pour l'effort qu'ils ont consenti. En fait, ils n'ont pas eu d'école aujourd'hui parce que le bus n'a pas pu parvenir au village pour les y emmener.

 C'est là que les choses se gatent . Une demie-heure déjà que j'attends, et pas de bus. Sans doute à cause des pluies, il n'y aura pas de bus ici avant demain. Aie aie aie , et mon avion le lendemain !!!

Le commerçant qui m'a vendu les gateaux et boissons se rend vers le village d'à côté où il y a un autre bus qui rejoint Labasa. Il  me prend avec lui et fonce vers la destination où le bus pourra m'acheminer. Mais en y arrivant, on apprend que le bus est parti en avance aujourd'hui. Que faire ?

C'est alors qu'un camion passe , je le stoppe, et il me dit de monter à l'arrière. Que je suis content, même si c'est inconfortable d'être debout sur la plate-forme arrière. Je m'agrippe à l'avant de cette " benne ", et je prie pour qu'il ne pleuve pas.
15 minutes plus tard, c'est un orage qui déferle, mais mon chauffeur s'arrête et me fait signe de les rejoindre dans la cabine avant. Ils ont déjà trois, mais on se serre et tout va bien. Il est vrai que le gabarit des indo-fidjiens n'est pas le même que celui des wallisiens ou des tongiens. Dans tel cas, la place aurait été plus difficile à trouver.

Sauvé ! Quelques heures plus tard, nous sommes à Lambasa.

J'ai faim et il est l'heure de manger. Je rencontre un couple de touristes américains, et on décide d'aller manger ensemble. On trouve un resto sympa à côté du marché, et on passe alors des heures à se raconter nos périples à fidji. La femme est d'origine slovène et lui vient du texas. Ils ont voyagé en bateau depuis Nadi, et confirme que cette option s'est révélée très fatigante.

De retour à mon auberge, je m'endors rapidement.

Le lendemain matin, direction l'aéroport, avec un vol qui durera un peu plus d'une heure pour Nadi. Dans ce twin-otter, nous ne sommes que 4 passagers, et après avoir survolé la mer de Bligh ( les réfugiés du bounty ), nous survolons du nord au sud la cote ouest de Viti Levu. Un orage nous secoue un peu, et nous rasons les montagnes avant d'arriver à bon port. Une des passagères effrayée par une brusque chute, crie, mais se calme rapidement tout en s'excusant. Le périple en avion a les avantages de permettre de voir la topographie des lieux de façon plus exacte : rivières, montagnes, lagon, quelle beauté !

De Nadi, je rejoins Lautoka où je vais passer la nuit, faire quelques achats et ma dernière soirée sera pour un film , " Final Destination 3 " . La ville est animée et les soldes ont commencé. Il y a quelques commerçants chinois que l'on peut voir. J'ai entendu que l'émigration chinoise était récente aux Fidji, mais que les investisseurs chinois commençaient à s'y intéresser de très près.

Le lendemain matin, je prends la direction de l'aéroport, mais  je m'attarderai quelques heures à la piscine de l'hotel face à l'aéroport, avant de retourner à wallis. Petit déjeuner et baignade, pas mal pour terminer une douzaine de jours de vacances.

Génial, ces vacances ! 

 

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Voyage aux iles Fidji (3)

13 Avril 2006, 12:53pm

Publié par kodamian

Voyages aux Iles Fidji (3)

 

Le premier bus du matin part à 07h00 de Matei, en direction de l'embarcadère d'où part le bateau pour Vanua Levu. Beaucoup de monde dans le bus, mais néanmoins, j'ai une place assise. J'admire une dernière fois la route, et c'est avec nostalgie que je quitterai Taveuni. Je reviendrai, c'est sûr ! Cette semaine a été géniale et j'adore cette île.

A l'embarcadère, il y a déjà quelques passagers qui sont montés dans le bateau, il pleut des cordes. Le passage coute 20 dollars jusqu'à Lambasa, et 15 dollars seulement jusqu'à Savusavu. Je règle les deux places, comme convenu, et nous montons alors dans le bateau. Le trajet s'effectuera en une heure et demie, et grâce au calme relatif de la mer, il n'y aura aucun problème à supporter la traversée.

Dès l'arrivée à Vanua Levu, nous sommes pris en charge par un bus de la même compagnie que le bateau, dont le prix est inclus d'ailleurs dans la traversée maritime. Il nous faut quelques heures pour rejoindre Savusavu, et c'est là que je quitte Nazir, qui doit rejoindre au plus vite Lambasa.

Quelques lignes dans mon Lonely Planet, et je me retrouve dans une guest-house très sympathique, dont je suis un des rares clients. Les prix ont augmenté depuis l'édition 2003, mais 30 dollars petit déjeuner inclus, ce n'est pas une fortune. En plus, la chambre est spacieuse, avec climatiseur. Je vais tout de suite me ballader en direction d'un cap, appelé Cousteau. Un des fils Cousteau a en effet ouvert un resort dans ce lointain pacifique, et la ballade est splendide de Savusavu à cet endroit-là. On longe le bord de mer, et on peut voir une baie admirable.

D'ailleurs, de retour à Savusavu, c'est une surprise que de découvrir cette petite ville tout bonnement superbe, avec un yacht-club où sont ancrés quelques beaux spécimens. Il y a deux marinas qui ont été agencées avec tout un tas de petits commerces, restaurants, et c'est très agréable que d'y déambuler.

On peut apercevoir plus qu'ailleurs des touristes occidentaux. Il y a également un club où l'on peut aller boire un verre, ouvert par les Planteurs locaux depuis déjà une bonne centaine d'année.

Je vais manger dans un restaurant au premier étage d'un immeuble, d'où la vue depuis la terrasse sur la ville et sur les montagnes environnantes me laisse une superbe impression de beauté.

Le lendemain matin, je pars très tôt en direction de la montagne. Je longe sur plusieurs kilomètres la baie de Savusavu, et j'arrive jusqu'à la mission catholique, d'où la vue sur la ville offre encore un autre aspect charmant à l'endroit. L'église avec son toit rouge caractéristique est située au bord de la mer, avec en retrait l'école. Les enfants qui m'aperçoivent parlent du " papalagi ", c'est moi, " le blanc ".

Je continue ma ballade et me dirige vers les chutes d'eau décrites dans mon livre, mais celà semble loin. Un automobiliste s'arrête, me voyant marcher seul au bord de la route, et il nous faudra 20 bonnes minutes pour rejoindre l'endroit. Mais les cascades ne sont accessibles que par un petit chemin, dont l'entrée est fermée par un grillage, avec un cadenas, dont je n'ai pas la clef. Rien à faire. Mon chauffeur me dit que la vue est très belle depuis un point situé plus haut, à quelques kilomètres. Il m'y déposera, et c'est alors un panorama phénoménal qui s'offre à mes yeux. Quelle baie ! De paroles de grands voyageurs, c'est un des plus beaux endroits qu'il m'a été permis de voir dans ma vie. Fantastique vue de la baie, des montagnes, de la forêt ...

Je retourne à pied doucement vers Savusavu, et c'est une voiture qui me conduira jusqu'à un petit village. J'y achète de la nourriture, de l'eau, et je discute avec des villageois; Ils m'apprennent qu'il y a de beaux villages un peu plus bas, en prenant une route sur la gauche. J'y vais, et celà sera alors deux heures de marche sur un sentier accessible aux 4x4. Je vois plein de bambous, qui font un bruit spécial quand le vent s'y engouffre. Je rencontre des fidjiens, qui, me demandant où je vais, me disent venir de ce village de nukubolu. Il me faut monter et descendre de petites collines, et à chaque fois, ce sont des cocotiers par dizaine que j'aperçois, des rivières que je traverse. Quelle beauté ! Il faut se déchausser pour ne pas se mouiller les pieds, car il n'y a pas de ponts. J'arrive enfin à nukubolu, et de même qu'à Taveuni, je suis tout de suite invité à manger chez des habitants du village, comme s'ils m'attendaient. Comme bon procédé maintes fois utilisés , j'offre des gâteaux qui font le plaisir des enfants. On m'indique alors les sources d'eau volcanique un peu plus haut, et une de mes convives m'y accompagnent , relayée par un homme de l'endroit pour les dernières centaines de mètres. Nous traversons les plantations de canne à sucre, de taros, et c'est une belle ballade encore une fois.

Arrivée à la source, j'y trempe les pieds mais c'est brulant. Il faut faire attention. Mon guide m'apprend que quelques mois auparavant, le frère de Beckam faisait partie d'un petit groupe de touristes qui sont venus et ont fait la même trempette !

Un enfant un jour s'est brûlé car il a vu l'eau , et a pensé à la rivière. Le pauvre, ça a du faire très mal !

De retour au village par un autre chemin, beaucoup plus pentu, c'est à peine quelques centaines de mètres que je fais quand une voiture me frôle et me propose de retourner sur la route principale. Je n'y croyais pas. Il s'agit d'une " banque ambulante " qui vient collecter les fonds tous les 15 jours . J'étais donc au bon endroit au bon moment.

De retour sur la route, je croise deux femmes qui vont à la peche, et une fois de plus, nous échangeons quelques mots qui sont quasi-semblables entre le wallisien-futunien et le fidjien. Rigolade, rigolade !

Un taxi sur le retour d'une course s'arrête à ma hauteur et me propose pour quelques dollars de m'acheminer à Savusavu . C'est bon, on est parti, et une demie-heure plus tard, je suis de retour à l'auberge, et je raconte à la patronne mon périple. Elle semble étonnée du nombre de choses que j'ai faites en si peu de temps.

A côté de mon auberge, il y a un hotel avec une superbe piscine, dont l'accès pour quelques dollars est autorisé aux non-résidents. J'y vais, et c'est alors que je tombe sur un couple d'anglais que j'avais rencontré à Lavena, à Taveuni. Nous parlons pendant une bonne heure et demie, tout en appréciant le paysage fabuleux.

Le repas ce soir, ce sera à la Marina, dans un des restaurants conseillés dans mon guide. Il vaudra le détour. D'ailleurs, après le repas, étant le seul convive, c'est avec les serveurs et serveuses que nous finirons la soirée, en discutant de voyages et des opportunités de Fidji.

 

 

 

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Voyages aux Iles Fidji (2)

12 Avril 2006, 10:57am

Publié par kodamian

Voyages aux Iles Fidji (2

 

Le lendemain matin, c'est en bus que je pars avec Nazir, un des amis indiens, vers le sud de Taveuni. Nous prenons la décision de nous arrêter dans le sud, à environ 5 kilomètres de Salielega, d'où nous marcherons pour rejoindre le soir le village de navakawau où un de ses amis habite.

Il faut tout d'abord entrer dans une " propriété ", appelée ici " estate",  et signer le registre, avant de commencer notre périple. Une femme indo-fidjienne, qui ne comprend que peu l'anglais, entame une conversation avec Nazir, et je me rends compte que mon voyage sera grandement facilité par ce " traducteur ". D'ailleurs, il parle couramment l'indi et la langue fidjienne, ce qui n'est pas le cas de tous les habitants de fidji. L'anglais est en effet la langue qui permet les échanges entre les membres des communautés de l'ile, le plus fréquemment.

Dès le début de la marche, c'est dans un paysage de cocotiers que nous évoluons, et c'est une route très plate par rapport à  la route de la veille qui m'avait mené au sommet d'un des plus hauts monts de l'île.

Nous apercevons au bout d'une heure la mer, et le village de Salielega. Et nous nous rendons tout de suite vers les chutes d'eau . Encore un superbe paysage, digne d'un film ! Dès notre arrivée, toute une bande d'enfants nous accompagne, et quand je me mets à déballer la nourriture du sac à dos, c'est des grands yeux qui s'ouvrent et des bouches qui salivent !
Allez, quand il y en a pour 2, il y a pour 6. Le fromage, le pain, les biscuits, les crackers, les cacahuètes, on partage tout et tout le monde est content.

L'eau est froide, mais c'est hyper agréable avec ce temps , ensoleillé. L'espace est plein de fraicheur et c'est vraiment paradisiaque.

On quitte l'endroit aussi propre que lorsqu'on est arrivé, en expliquant bien aux enfants qu'on ne doit pas laisser l'endroit plein de détritus.

Dans mon guide " lonely planet ", on me parle d'un vieux moulin à sucre dans le village, et c'est en effet la tour qui permettait à la chaleur de s'évacuer qui reste dans un pré du village.

Pour reprendre notre route, on doit faire demi-tour sur un demi-kilomètre, et on prend alors un chemin qui va suivre la plage, sur la cote est de l'ile. Mais le chemin est long, et un homme à cheval et son fils vont être nos guides. Pendant une demie-heure nous les suivons et évoluons dans un paysage de cocotiers, d'hautes herbes, avant d'arriver dans un paysage plus marécageux. L'homme nous dit qu'il ne peut nous suivre à cheval, et je lui demande s'il peut néanmoins nous indiquer le chemin, car on n'y voit rien. Son fils nous guide alors dans la mangrove, et après 10 minutes, nous atteignons une immense plage de sable et de roches volcaniques. Nous longeons sur un kilomètre environ cette plage, et comme nous l'a indiqué le cavalier qui nous avait rejoint, nous tournons à droite au niveau d'un grand cocotier presque plié à 45 degrés. Une heure encore de marche à travers une végétation luxuriante, en suivant un petit chemin à peine visible, une heure nous est encore nécessaire avant d'atteindre le petit village de navakawaou. Nazir demande au premier habitant rencontré s'il connait la maison de son ami, et c'est par hasard la maison voisine où son compagnon s'est installé, dans la famille de sa femme.

Quand ce dernier nous voit, il est trop content des retrouvailles avec son ami de Lambasa ( vanua levu ), et ce sont alors les préparatifs du kava appelé encore angona  qui vont être entamés. La maison est très simple, faite de bois et recouvertes de feuilles de pandanus tressées, mais s'asseoir sur ce plancher en bois est si agréable après une telle journée de plage. Il ne faut pas plus d'une dizaine de minutes pour qu'un repas nous soit servi, avec taros, bananes, manioc, cocos et jus de fruits. Quelle gentillesse ! J'ouvre mon sac à dos et le pain qu'il me reste, les cacahuètes, le jus de fruit et le fromage sont autant d'aliments qui semblent de fins mets à mes hotes. Ils sont si contents, et celà me fait plaisir d'avoir pu garder un peu de notre casse-croute.

Le kava est pilé de façon très fine et confiné dans des petits sachets que l'on achète pour à peine 1.5 dollar fidjien . C'est la grande différence d'avec Wallis et Futuna, où ce sont les racines elles-mêmes qui sont aspergées d'eau. Il est mis dans un linge propre et de l'eau est versée dessus pour assurer la filtration.

Un premier verre pour moi, un deuxième pour Nazir, et un troisième pour le père de famille, puis c'est le copain de Nazir qui se sert, et ainsi de suite, pendant deux bonnes heures. A chaque fois que le précieux  breuvage est bu, trois coups sont tapés dans les mains, de façon vigoureuse mais rythmique.

Le soir arrive, et c'est encore un repas que nous allons partagé, avec poulet, poisson, riz, fruit de l'arbre à pain.... Quel régal ! Pour que la tablée soit plus jolie, une cousine a été conviée au repas et la table n'en est que plus jolie. Table ! Enfin, on est assis par terre, sur les nattes tressées par la maitresse de maison.

Fatigué par cette longue journée de marche, c'est épuisé que je m'endormirai, alors que Nazir et son ami sont allés discuter de leur ville et de tous leurs amis. J'apprendrai le lendemain matin qu'ils ont assisté au match de rugby Angleterre-Fidji, transmis chez le voisin avec une antenne parabolique et l'aide du générateur. L'équipe de rugby de Fidji a perdu, mais est arrivée en finale. Le match se déroulait à Honk-kong, et fera la fierté des fidjiens les jours suivants dans les émissions télévisées ainsi que dans tous les journaux du pays.

Le lendemain matin, la maitresse des lieux nous prépare des roties , et , son mari nous ayant quitté tôt le matin pour se rendre dans le village voisin avec une de ses filles, je laisse 15 dollars qui sont refusés, mais que j'enfouis sous un linge, en expliquant bien qu'il n'est pas question de les reprendre.

La mère de famille est toute émue, mais je la quitte en la remerciant chaleureusement. Avec les quelques mots de fidjien que j'ai déjà appris, c'est un petit dialogue que nous pouvons avoir.

Il est six heures du matin, et nous reprenons notre périple. Direction la mer et une cote volcanique où on décrit des rochers noirs qui forment un " blow hole " , un endroit où la mer s'engouffre et où les vagues deviennent grosses avant de s'éclater sur les cocotiers. Nous trouverons l'endroit, peut être, car il  y a beaucoup d'endroits identiques sur la côte. Mais nous ne verrons pas les arcs en ciel décrits dans mon libre de voyage. Celà ressemble pour moi pas mal à la cote de Futuna, à quelques endroits.

Nous continuons notre marche, le ciel est dégagé, il ne pleut pas, et nous atteignons le village de Vuna, au sud de l'ile. Une petite plage de sable blanc, l'occasion d'aller se baigner. C'est cool, la vie !

L'heure avance, et si nous voulons rejoindre Matei le soir-même, il nous faudra la chance. Nous marchons maintenant sur la cote oùest, et Nazir a un autre ami habitant dans un village. Après deux heures de marche, nous arrivons dans la propriété , qu'on appelle ici Estate, où son ami indo-fidjien travaille. Rapidement, nous le trouvons, et de nouveau, nous sommes invités dans une famille indienne.

Le curry, le riz, le poulet, tout est préparé très rapidement et c'est encore un repas fabuleux qui nous attend, après bien sûr le kava traditionnel. D'autres amis nous rejoignent, et c'est plusieurs générations entre les parents, les grandparents et les enfants qui sont autour de nous.

J'ai l'impression de vivre une aventure toutes les heures au cours de ce périple.

Il commence à pleuvoir, et il est 14h00 quand nous quittons le groupe. Il y a un bus qui part vers 15h00 de wairiki pour rejoindre Matei. Mais il me semble impossible de pouvoir l'avoir, car il y a une vingtaine de kilomètres.

A moins que ...
Quelques dizaines de minutes après le début de notre marche, aux abords de la Susie Plantation, un groupe de jeunes gens nous hèle et quand nous leur disons où nous allons, ils nous font signe que quelqu'un s'y rend justement.

C'est ainsi que grâce à un taxi qui avait été justement affrété pour aller chercher des gens là-bas, nous pouvons nous rendre en 15 minutes là où nous aurons encore presque 30 minutes pour attendre notre bus.

Dans l'attente du bus, nous assistons à Wairiki à un match de rugby entre jeunes du lycée, avec certains sans chaussures, d'autres sans tee-shirts, et ce ne sont que rires et gros délires pendant cette partie improvisée. On me fait signe, et je reconnais alors le guide des deux touristes étrangers, la veille, pour l'ascension de la montagne.Je rencontre aussi un de mes propres guides, et il me dit avoir fait l'acquistion avec les quelques dollars d'un petit jeu populaire chez les enfants, une sorte de toupie qu'on lance en l'air. Il est tout content.

Le soir, nous arrivons à Matei, et c'est alors Sam qui s'emporte en nous voyant, et en particulier Nazir. La femme de Nazir a appelé tout au long du week-end pour avertir qu'ils avaient de gros problèmes à Lambasa, et qu'il fallait que Nazir y aille rapidement.

Nazir décide alors que le lendemain matin, il m'accompagnera à Lambasa. Sam me fait part des problèmes financiers pour payer le voyage pour Nazir, et qu'il va contribuer pour moitié aux frais si je peux participer également. La question ne se pose même pas, et ce ne sont pas les 20 dollars qui vont poser un problème. Nazir est très ému, mais je lui dis qu'un guide tel que lui les vaut largement.

Une dernière soirée autour du kawa, et le lendemain matin sera ma dernière journée à Taveuni.

 

 

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Voyages aux Iles Fidji

10 Avril 2006, 15:33pm

Publié par kodamian

Voyages aux Iles Fidji

 

 

Au cours des deux dernières semaines, j'ai voyagé aux ïles Fidji, qui ne sont distantes que de 1000 kilomètres environ de Wallis et Futuna. Une heure d'avion en Airbus et hop, on arrive à l'aéroport international de Nadi.

Une heure seulement, mais un dépaysement total.

Pour mon deuxième voyage aux Iles Fidji, j'avais décidé d'orienter mes vacances vers deux iles inconnues encore, Taveuni et Vanua Levu, située au nord de Viti-Levu, l'ile principale de l'archipel avec Suva la capitale.

 

 

A mon arrivée à l'aéroport de Nadi, à 08h00 du matin, après une heure de vol depuis Wallis, je me dirigeai tout de suite vers les guichets de Sunair, une des compagnies locales fidjiennes qui proposent tout un tas de destination en twin-otter. Cet avion à hélice d'une vingtaine de place permet en une heure environ de gagner les principales villes des différentes îles de Fidji. Ce qui frappe ici, c'est le sourire et la gentillesse immédiatement accordées au visiteur.

En quelques mots, j'expliquai que je désirais aller à Taveuni, et ni une ni deux, j'eus entre les mains un billet pour moins de 100 euros, à destination de Matei, la ville principale de cette île au nord-est de l'archipel. A 13h00, il fallait que je sois à l'aéroport pour mon vol.

J'avais du temps, alors j'en profitai pour aller à Lautoka, ville à une vingtaine de kilomètres au nord de l'aéroport international de Nadi, et qui est connue pour être le centre commercial de la côte Oùest de Viti Levu. Je me dirigeai à pied à la sortie de l'aéroport, et là, sur la route principale, on hèle un des nombreux taxi collectif, qui, pour deux dollars fidjiens, vous emmène à bon port.

La parité est 2 dollars fidjien pour 1 euro, environ.

Arrivé à Lautoka, j'eus tout de suite le sentiment que la ville était indienne, car la plupart des commerçants qu'on y trouve sont d'origine du sous-continent indien.

 Arrivés entre les années 1878 et 1920, environ 60 000 indiens emmenés par les anglais, servirent tout d'abord dans les plantations de canne à sucre, dans les champs de coton, dans diverses activités agricoles, avant d'être " affranchis " et d'entrer alors dans la société et dans les différentes branches d'activité, en commençant par le petit commerce et les petites exploitations, puis à occuper des postes de cadres, des professions libérales et toutes les activités d'une société, du chauffeur de bus au médecin. Aujourd'hui, les descendants de ces indiens représentent plus de 50% de la population fidjienne, et des problèmes de racisme sont ainsi nés entre la communauté mélanésienne autochtone et cette nouvelle communauté.Les derniers événements dates de l'an 2000

Au cours de mon séjour, je n'ai jamais ressenti le moindre malaise entre les communautés.

Les indiens ont amené avec eux leur cuisine, le " curry " et les épices traditionnelles, et puis le " thé " au lait , tout à fait british d'ailleurs. Ils ont amené les " saris " et ces bijoux que portent les femmes , sur la narine ou encore sur les mains. La langue  indienne est toujours parlée dans la communauté indienne .

Ce que j'ai appris, c'est que le système des castes caractéristiques de l'inde n'est plus appliqué à Fidji, en raison des mariages mixtes et d'un esprit de liberté qu'ont acquis les indiens au fil des générations.

Mais le cinéma aussi de Bolywood est présent, et on ne manquera pas une cérémonie religieuse indienne pour rien au monde. Des sikhs, des musulmans et surtout des hindous, voilà la communauté indienne dans toute sa diversité.

Donc arrivé à Lautoka, mon premier arrêt sera pour un riz au curry et du poulet, malgré l'heure matinale. Quel régal ! Des saveurs plein le palais, et un saut en arrière de presque vingt ans avec mon premier voyage en Inde. Un délicieux thé au lait pour accompagné ce repas avec du sucre de canne local !

Et puis des douceurs indiennes comme dessert !

Le ventre repu, je me dirige vers la grande rue commerçante, et je peux alors constater que le commerçant indien n'a rien à envier au commerçant occidental ou au commerçant chinois. Il connait parfaitement le sens des affaires, et on est tout de suite entouré, conseillé, questionné dès son entrée dans le magasin.

Des articles de textile à des prix défiant toute concurrence, des chaussures, mais également des articles électroniques ... On trouve de tout à fidji, au moindre prix.

Dans les supermarchés, je retrouve les marques que j'ai l'habitude de voir à Wallis, mais avec des différences de 1 à 10, oui, j''écris bien de 1 à 10 sur certains articles. Ces articles viennent de nouvelle-zélande ou d'australie, comme les " chips ", les bonbons, les gateaux, etc...

Le temps passe et il me faut retourner à l'aéroport, à une vingtaine de minutes. J'arrive largement en avance, et, sur les conseils de professeurs de wallis, je vais à l'hotel situé juste en face de l'aéroport qui bénéficie d'une superbe piscine, et je profite pendant plus d'une heure d'une baignade très agréable, d'autant plus qu'un tooboogan géant permet de faire de merveilleux plongeons.

Je rencontre mes premières " salomonéennes ", ou habitant des îles salomon. C'est la première fois que je rencontre des habitants de ces iles. Les demoiselles sont en transit avant d'aller affronter des équipes de volley-ball à Samoa. J'apprends que la capitale est Honiara, et qu'on y a plusieurs iles, que la langue est similaire pour certains mots à la langue polynésienne parlée à wallis.

Bye, bye, et je me rends à mon avion. Nous ne sommes que 5 passagers pour ce vol qui va durer qu'une heure et quart.

Fantastique ! Car à une altitude plus basse qu'un vol transpacifique, on peut voir de plus près les différents lagons, les contours de la cote et les beautés qu'offrent les différentes barrières de corail.

Arrivé à 14h15 environ, ayant lu et relu mon " lonely planet ", je me retrouve au bout d'une dizaine de minutes dans une guest-house, où je me retrouve être le seul hote. J'ai un falé ( maison locale ) pour moi tout seul, dans un immense jardin, avec des fruits à volonté sur l'oranger, le bananier, le goyavier, et j'en passe. Fruits à volonté, telle est la devise du maitre des lieux.

J'ai une cuisine, une salle de bain en plein air dans un fabuleux jardin, et tout celà pour environ ... 12 euros.

La ville de Matéi est devenue une ville résidentielle pour millionnaire américain, et certains y ont construit leurs villas. On y trouve de petits restaurants très sympas, et puis plein de clubs de plongée, de voile, etc...

Mais je connais le lagon et je suis surtout venu pour les ballades sur la terre feme.

L'après-midi, je discute avec le propriétaire de ma " résidence " qui m'apprend avoir perdu sa femme quelques mois auparavant, et qui me montre d'un simple regard la tombe, devant la maison, où repose l'ame soeur. Au moins, c'est plus pratique pour fleurir tous les jours la tombe que de se rendre au cimetière.

Alors le lendemain matin, je pars à 06h00 du matin pour une ballade vers Bouma, le grand parc national sur la côte est de l'ile. C'est une promenade de 4 heures à travers les villlages, pendant laquelle je vais pouvoir assister au départ à l'école des enfants dans leurs uniformes, à l'attente des passagers pour le bus, et au départ aux champs des autochtones. La route goudronnée s'arrête assez rapidement, et c'est une route assez boueuse qui lui succède. Heureusement, j'ai de bonnes chaussures, et j'arrive à patauger.

L'eau me fait rapidement défaut malgré mes réserves. C'est dans un village que je demande le précieux liquide et j'y apprends que l'eau du robinet y est tout à fait potable. On m'apporte en moins de temps qu'il ne faut pour l'écrire une bouteille pleine et je peux alors reprendre la route. C'est en anglais que je m'exprime , car c'est la langue amenée par le colonisateur naguère, qui est toujours en vigueur. L'anglais parlé est d'ailleurs ici très facile à comprendre.

Au bout de 4 heures de marche, j'arrive enfin à Bouma, et c'est à l'entrée du parc national, qu'ayant payé mon tribu, je me rends aux chutes d'eau . 3 chutes se succédent, mais je n'irai qu' à la première et à la deuxième. Le chemin pour la troisième est apparemment trop boueux. La première chute à une dizaine de minutes de l'entrée du parc est fantastique, mais je me réserve le plongeon pour mon retour. La deuxième chute est à une demie-heure de la précédente, et c'est une marche à pied dans un sentier qui monte et qui descend, construit comme en nouvelle-zélande d'ailleurs. La forêt tropicale est riche de végétation, et c'est un régal que d'y déambuler, d'y sentir les multiples odeurs et d'y découvrir les fougères géantes et les papillons aux ailes démesurées. De temps à autre, un espace de clarté permet d'apercevoir le fabuleux bord de mer, avec des centaines de cocotiers et une eau bleue azur.

La deuxième chute d'eau est un régal, et j'y plonge après m'être débarassé de chaussures et tee-shirt. Quel délice, après une marche assez harassante ! Je n'ai plus envie d'en sortir. Je rencontre quelques autres touristes, dont un couple de tchèques qui sont étonnés de ma connaissance du polonais, proche de leur langue. Nous communiquons ensemble, et l'homme m'apprend qu'il a fait un héritage conséquent,  et émigré alors avec femme et enfants à Détroit, aux Etats-unis, pour enfin, à la cinquantaine sonnante, profiter de la vie et de ses joies.

De retour à la première chute, c'est de nouveau une agréable baignade, et je rencontre un couple de néo-zélandais, lui maori et elle d'origine européenne, qui ont décidé, après avoir eu deux enfants, de venir se marier à fidji. Le mariage aura lieu le lendemain .

Il est l'heure de rentrer, et je m'apprête à rejoindre l'entrée du parc pour attendre le bus. C'est là que je croise deux chauffeurs de minibus privés, qui ont accompagnés leurs " américains " aux chutes. Ils me proposent de venir s'asseoir avec eux, en attendant le bus, et de partager le déjeuner que les américains ont à peine touché, fait de multiples sandwiches et de boissons tropicales. Quel délice !

C'est là que je m'aperçois après quelques échanges que la langue fidjienne est assez similaire au wallisien, et c'est alors une rigolade que de comparer nos mots.

Ainsi, je veux manger du poisson est en fidjien : au via kana ika . ( wallisien = au fia kai ika )

Je veux boire de l'eau : au via uni uai . ( wallisien = au fia inu vai ).

Plein de ressemblance.

Moi, le papalagi ( le blanc ), c'est le meme mot à wallis et à fidji pour me désigner.

Mon bus enfin arrive, et il ne faut pas plus d'une bonne demie-heure pour rejoindre Matei.

C'est là que je rencontre dans mon " auberge " deux indiens, travailleurs dans la guest - house, qui viennent de finir leur journée. Ils habitent en ville, et me proposent de venir à la maison boire un verre et manger.

Je les accompagne, et je suis reçu à la maison, très rudimentaire, par l'épouse de l'un des deux compères. Quelle gentillesse, quel accueil ! On boit le sewusewu, le kawa, pendant plus d'une heure, avant d'entamer un superbe riz au curry accompagné de volaille.

A 22h00, je les quitte et je rejoins en pleine nuit mon auberge. La route est facile à suivre pour retrouver le lieu de villégiature, mais il me faut tourner 20 minutes pour retrouver mon falé .

Le lendemain, je me lève aux aurores et de nouveau, je me dirige mais en bus cette fois vers Bouma, mais pour continuer vers le village de Lavena. J'ai décidé d'y passer la nuit.

Il y a une marche appelée le "  lavena coastal trek " que j'ai décidé de faire aujourd'hui , à travers plage et cocotiers, avant d'aborder la forêt, pour rejoindre de superbes chutes d'eau. C'est là qu'a été tourné " retour vers le lagon bleu ".

De nouveau, de splendides paysages, et je croise des fidjiens avec lesquels je commence à échanger les mots usuels : bula ( bonjour ), mode vinaka ( merci beaucoup et au revoir ). Le couteau que chacun se doit de porter ( machette ) s'appelle " sélé ", comme à Futuna . A wallis, on dit  " hélé ".

Quand je dis que je suis de wallis, on me demande si tous les wallisiens sont aussi " blancs " que moi. Je leur apprends que je ne suis qu'une pièce rapportée et que les wallisiens ont l'air polynésien.

J'arrive aux chutes d'eau, où je rencontre un petit groupe d'américains en vacances. Deux chutes d'eau se font face, et c'est un délice que de plonger après une marche fatigante dans l'eau glacée. J'ai pris mon casse-croute, et miam miam, que c'est bon de dévorer quand on a faim du pain, des crackers, des gateaux, des bananes et des mandarines.

De retour à Lavena, je vais à l'auberge où j'ai posé mon sac à dos et je rencontre alors un groupe de scientifiques, avec l'air de professeurs tournesol, qui collectent des plantes, des papillons, etc...

On échange quelques mots, et j'accompagne l'un d'entre eux qui se demandent ce qu'a pu bien faire leur équipier sur le canoe envoyé le matin pour ravitailler les autres membres de l'équipe. Avec des jumelles et tout un attirail, on se dirige sur la plage et on scrute l'horizon. J'aperçois enfin dans un canoe l'équipier qui revient, mais les vagues sont telles qu'il disparait d'une seconde à l'autre. Il suit la cote mais il lui faudra une bonne heure encore avant de nous rejoindre.

Le soir , je vais dans le village et j'assiste au " pilage " des racines de kava par un habitant , pour en faire une poudre compacte qui sera utilisée à la cérémonie du sewusewu. On boit, et on claque trois dans les mains.

Encore une superbe journée !

Le lendemain, je me lève tôt, et je prends le premier bus , aux aurores, pour aller de l'autre côté de l'ile, à wailiki, où j'ai l'intention d'entamer l'ascension de la plus haute montagne de l'ile, avec un sommet à 1200 mètres. Le dénivelé est très  important, car l'ile n'a qu'une dizaine de kilomètres de largeur.

Je pose mon sac à dos chez un habitant, voisin du fils du propriétaire de ma première guest-house. J'entame la montée et deux enfants m'accompagnent d'une quinzaine d'année environ. C'est le chef du village que j'ai croisé qui leur a demandé de me servir de guide. Très rapidement, on rencontre deux autres touristes, un norvégien et une philippine , et c'est à trois qu'on fera l'ascension.

Ils sont plus rapides que moi, et essouflé, je leur dis d'avancer et que je les retrouverai au sommet.

Avec mes deux compères, on prend notre temps, et grace aux orangers, aux bananiers, on se repose et on prend le temps de savourer les fabuleux trésors de fruits locaux. J'ai des gateaux dans mon sac, et les jeunes adorent ces biscuits. L'eau est indispensable.
A mi distance entre le sommet le début de l'ascension, il y a un refuge, et c'est là que je recroise les deux touristes. Le temps de remplir d'eau ma bouteille et on repart.

Enfin le sommet, la vue est phénoménale sur la cote. On peut apercevoir le lac Tagimaucia, qui possède une fleur unique sur ces berges qui ne pousssent que de façon endémique sur cette île.

Quelle ballade ! Je fais cadeaux aux enfants de quelques dollars, ce qui fait leur immense plaisir d'autant que c'est une surprise pour eux et que c'était leur première montée sur le sommet de la montagne.

Je récupère mon sac à dos, et je rentre directement à Matéi, où mes amis indo-fidjiens ont insisté pour que je sois leur invité.

J'arrive avec gateaux, poulet, fruits et boissons, et on partage un superbe repas tout en regardant un film indien suivi d'un " jacky chan ".

On décide que le lendemain, on partira pour le sud de l'ile ...

 

 

 

 

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